Mr Popples

Mars et «moi» des fous.

Voici la suite du texte « Névrose »

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Mr Popples.
Mr Popples venait de sortir du cabinet du Docteur Auguste Schnorchel, psychanalyste, qui avait eu une dure semaine.
Et cette première séance avec ce nouveau client fut pour lui quelque part « reposante » .  Pas encore de catharsis à gérer !

Pour que les blocages se dénouent, le patient qui ne vient au départ que pour des symptômes (mal-être incompréhensible, souffrance intérieure, troubles obsessionnels compulsifs), ne voit pas les murs de la prison dans laquelle il s’est enfermé lui-même, jadis.

Le travail du médecin sera alors de lui faire recouvrer la vue. L’amener à sentir à tâtons ces murs, mettre des mots sur ces résistances, dévoiler ce qu’elles cachent, trouver l’issue par lui-même par des prises de conscience successives.

Le thérapeute resta assis un long moment, pensif.
Il se remémora les propos tenus par son client : «un rêve» dont l’action se déroule dans « un film en noir et blanc » .
« Dans le lointain passé… hum, hum ». Une phrase prononcée à voix haute par le médecin, comme pour mieux réfléchir .
Puis il enchaîna toujours distinctement : « D’après Mr Popples, l’homme qu’il voit dans ce rêve, chapeau haut de forme long manteau, barbe, est Freud. Il me représente donc, d’après lui » . Toutes ses paroles résonnaient dans la pièce.

Puis, il continua sa réflexion intérieurement.
À noter, la barbe est un symbole paternel également, un des grands archétypes communs comme Dieu ou le soleil .

Un vieux film, muet de surcroît… il se pourrait que tout ce rêve soit lié à un secret tu ! Ou à un refus de parler correspondant à un rejet de la cure, idem pour le fait de m’attribuer cette demande du premier intertitre, rejet qui serait normal et est de toute manière tôt ou tard, inévitable .

Auguste Schnorchel reprit ses notes en main pour relire plus particulièrement cet intertitre : « Monsieur Popples a des yeux de framboises et se demande connaissance et contoise »…

Puis il se mit à écrire frénétiquement sur son bloc-note.

Le patient que nous nommerons « Monsieur P » l’explique ainsi : « J’adorais traîner dans les bois et manger des framboises sauvages, quand j’étais chez mes grands-parents. J’y ai passé toutes mes grandes vacances jusqu’à mon adolescence.
Et maintenant que je m’en souviens, ils habitaient la ville de Conte dans le Jura… Ma grand-mère était donc Contoise ! » .
Il y a là fort probablement, le repère temporel d’un refoulement passé, songea le praticien.
À quoi correspond-il ? Renvoie-t-il à un autre instant similaire ? Est-il un déplacement, un mélange de souvenirs qui pourraient en cacher un ou plusieurs autres ?
Sur l’intertitre suivant était inscrit : « Je vous prie de rester courtois, voyons ! ».
D’après Mr P, c’était sa réponse à ma demande. Comme si je l’offensais ? …

Tout est connecté, reste à savoir comment. Seul Mr Popples le sait et finira par le dire, pensa le Docteur.

À ce même instant, Mr Popples arrivait à son domicile. Il semblait nerveux et ne cessait d’observer les alentours.
Il rentra un code sur un boîtier d’alarme. Il prit son trousseau de clefs, puis ouvrit un, puis deux, puis trois verrous. Et il jeta un dernier coup d’œil derrière lui, avant de se glisser furtivement à l’intérieur par l’entrebâillement de la porte blindée maintenant ouverte.
Une fois rentré dans son fort Knox, il refit les mêmes opérations dans l’ordre inverse, excepté pour l’alarme.

Puis il fut soudainement pris d’une crise d’hilarité à en pleurer !
Les spasmes de rires par vagues successives, s’estompèrent progressivement, laissant place à des courbatures abdominales. Il essuya ses larmes d’un revers de manche, renifla d’un coup sec et lâcha dans un profond soupir : « Oh là là ! » comme s’il regrettait déjà cette émotion qui lui avait échappée.

Puis, ayant repris son calme, il accomplit ses rituels quotidiens, réglé comme du papier à musique : remettre à l’heure exacte sa vieille horloge comtoise qui perd systématiquement cinq minutes en vingt-quatre heures, et sortir son souper du congélateur coffre.

Il prit une clé cachée dans un interstice, à droite du cadran de la centenaire.
Avec, il alla ouvrir un gros cadenas qui condamne l’ouverture de l’imposant appareil frigorifique.

Il farfouilla à l’intérieur des viscères du monstre pour en extraire son repas, mais quelque chose l’en empêchait !

« Étrange que cela coince ! », dit-il.
Tout avait été effectivement calibré, découpé et conditionné
dans du plastique haute résistance puis soigneusement rangé !
Il en sortit deux ou trois trucs qu’il aligna sur la table de la cuisine… une
jambe, un bras, une tête avec un sac collé sur le visage !
« Ah voilà le coupable », lâcha-t-il !
« C’est ce foutu sachet de framboises surgelées qui s’est collé ! Sûrement à cause de l’humidité due à la condensation », marmonna-t-il.
« Il faudra vraiment que je change ce joint défectueux ! »
Il eut une idée… Et si en attendant je me faisais un dessert à la framboise.
« Ce soir, festin ! », s’écria-t-il.

Il profita de cet incident pour en extraire un poulet pour son déjeuner du lendemain, en plus de son dîner du jour.

Puis Mr Popples remis un peu d’ordre dans ce bazar, rangea méticuleusement chaque membre à sa place, referma le couvercle et s’en alla tranquillement replacer la clé du mausolée dans la pendule.

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Glomérule Néphron.

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Mars, et « moi » des fous

Excellente idée que Gibulène a eue pour l’Agenda Ironique de Mars 2020 – Le mois des fous.
Le challenge : « Imaginez que vous êtes dans le moi d’un fou. Vous allez parler de ce que vous voyez, ressentez, imaginez, de l’intérieur de ce moi fou, en vous mettant à la place d’un de « ces êtres étranges et dérangeants » que sont les « fous ». Sauf que bien sûr, il y a une contrainte !
Il vous faudra insérer, là où vous voudrez, la phrase suivante :
« Monsieur Popples a des yeux de framboises et se demande connaissance et contoise ».
– Je vous prie de rester courtois, voyons ! »

Ce thème sur la folie et cette phrase à insérer m’ont inspiré.

Je suis hors compét puisque la date butoire est passée. Mais peu importe, je me suis bien amusé en créant cette histoire, composée de deux textes qui pourrait aussi bien n’en faire qu’un seul. Et si pour écrire cette aventure, je me suis tantôt mis dans la peau du psychanalyste, tantôt dans celle de Mr Popples, je me sens libéré d’en être sorti !

Névrose.

Un cabinet de psychanalyse, quelque part en Angleterre …

– Bonjour docteur Schnorchel.
– Bonjour Mr Popples. Installez-vous sur le divan. Connaissez-vous le principe de la psychanalyse ?
– Oui, c’est une thérapie par la parole où il me suffit de vous dire tout ce qui me passe par la tête.
– Et d’associer des idées, de raconter vos rêves, si vous vous en souvenez.
– Tiens c’est marrant que vous m’en parliez
– Marrant ?
– Oui, c’est une drôle de coïncidence !
– Une coïncidence hum, hum…
– Cette nuit, j’ai fait un drôle de rêve.
– Hum, hum, un drôle de rêve ? Comme la coïncidence ?
– Vous voulez dire que ce rêve n’était pas une coïncidence et était en rapport direct avec notre premier rendez-vous ?
– Moi je ne dis rien, c’est vous qui venez de le dire !
– Ah oui ! Par les associations d’idées !
– Et ce rêve ?
– Heu, c’était vraiment bizarre.
– Oui, c’est-à dire ?
– C’était comme dans un film muet, en noir et blanc. Il y avait un grand monsieur barbu affublé d’un monocle, et d’un haut de forme. Il était vêtu d’un long manteau comme au XIXe siècle. Il semblait me dire quelque chose. Sur l’intertitre, vous savez dans les vieux films muets, le texte qui était écrit sur un carton entre deux scènes…
– Oui et qu’y avait-il d’inscrit sur « ce carton » ?
– Il y avait : « Monsieur Popples a des yeux de framboises et se demande connaissance et contoise ». Ca ne veut rien dire !
– Vous en êtes sûr ? Les framboises, vous font-elles penser à quelque chose en particulier ?
– Heu…(un ange passe, puis deux et enfin trois 😉 )
J’adorais traîner dans les bois et manger des framboises sauvages, quand j’étais chez mes grands-parents. J’y ai passé toutes mes grandes vacances jusqu’à mon adolescence.
Et maintenant que je m’en souviens, ils habitaient la ville de Conte dans le Jura… Ma grand-mère était donc Contoise !
– Et ces « yeux » de framboises ? Quelle signification ils auraient pour vous ?
– Les yeux… voir . Revoir ces instants de cueillette ? Mon enfance ?
– Hum, hum. Et « demande connaissance » cela vous évoque… ?
– Ben… C’est quelqu’ un qui veut savoir, qui veut comprendre, prendre connaissance.
– Et ce monsieur barbu du XIXe siècle en haut de forme ? Qui pourrait-il être ou symboliser pour vous ?
– Heu… Il me fait penser à Freud. C’est ainsi que je me le représente. Il pourrait être vous ! Vous êtes mon psychanalyste… Oui, c’est vous !
– Et donc si on l’on résume tout ce que vous venez de me dire …
– Et bien hier soir, j’ai rêvé que vous me demandiez de me souvenir de mon enfance pour comprendre… mes vacances, la cueillette des framboises… chez mes grands-parents qui habitaient à Conte.
– Et vous me répondiez quelque chose ?
– Je vous répondais sur l’intertitre suivant : «– Je vous prie de rester courtois, voyons ! »
– Comme si cette demande que je vous faisais était une offense, donc ?
– Oui, apparemment ! Répondit Mr Popples perplexe.
– Et que pensez-vous d’entamer une thérapie par la parole en évoquant votre rêve qui se déroule au beau milieu d’un film muet ?
Le patient interloqué en resta coi !
Et vous n’avez pas encore abordé les raisons de cette cure que vous souhaitez commencer.
Je vous laisse réfléchir, dit le médecin.
Nous nous revoyons vendredi à 15 h 00 ? Cela vous convient-il ?
– Oui, parfait docteur, bégaya Popples encore surpris.
Combien je vous dois ?
– La première séance est offerte. Les prochaines vous coûteront 80 £ivres.
Mr Popples se leva, songeur, serra la main du praticien et s’en alla.
– Non, s’écria le psychanalyste.
Le client fit un bond de côté.
Pas par cette porte, dit le Dr Schnorchel.
Il y en a une pour rentrer et l’ autre pour sortir, afin que les patients ne se croisent pas !
– Ah oui, je comprends! Pour la discrétion, j’ apprécie ! A vendredi docteur !
– A vendredi !

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Glomérule Néphron.

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Le motard

Le motard.

Un 16 Mars 2030, quelque part, la veille d’ un confinement total annoncé dû à une X ième pandémie .

Extrait des paroles de la chanson Harley Davidson par Brigitte Bardot
Paroles de Serge GAINSBOURG
Musique de Serge GAINSBOURG
© MELODY NELSON PUBLISHING, SIDONIE – 0
« En Harley Davidson
Je ne reconnais plus personne
En Harley Davidson

Je vais à plus de cent
Et je me sens à feu et à sang
Que m’importe de mourir
Les cheveux dans le vent

Que m’importe de mourir
Les cheveux dans le vent »

C’est ce vieux tube qui tournait en boucle dans le cerveau de John.
Sur son « gros cube » vrombissant, il dévalait la grande avenue.
Ses longs cheveux dépassaient de son casque vintage et venaient fouetter avec le vent, son blouson noir.

Tous les passants se retournaient sur son passage.
Pas tous les jours qu’ils pouvaient admirer un si beau spécimen !
Je parle bien sûr de cette moto thermique, une vraie pièce de musée en 2030.

« Allez une dernière virée avant le confinement total », se dit-il l’air ravi, la banane jusqu’aux oreilles.
Il donna un petit coup d’accélérateur supplémentaire et l’engin brusquement bondit en avant.
Soudain, un mouchoir en papier, soulevé par la voiture électrique qui roulait juste devant lui, vint se plaquer sur ses dents .
Respirant à ce moment précis par son large sourire, il eut comme simple réflexe au lieu de ralentir et de s’arrêter, de l’aspirer brutalement !
Beurk, en pleine épidémie !
Il tenta vainement en soufflant fortement, de l’expulser de son orifice buccal .
Puis réalisant qu’il n’y arriverait pas, freina enfin, se gara sur le bas-côté et extirpa l’ intrus avec ses mains.
« Ptpe, pfeu, baaah» fit il avec sa bouche, et finit par cracher par terre.
Quelle horreur !
D’où provenait ce mouchoir jetable ? Qu’ avait-il essuyé ? « Bordieu » !
Il l’ observa attentivement… « wouuuh, dégueulasse ! À moins que ce ne soit que ma propre salive ? Oui, ça doit être ça», se rassura-t’il.

Il y a quelques années, il s’était planté en s’asseyant sur la plage, sans avoir au préalable inspecté le « lieu d’attérissage », une aiguille de seringue usagée dans la fesse droite.
Mais il avait pu rapidement effectuer un test pour savoir s’il avait été infecté par le VIH.  Résutat: négatif ! Ouf !

Il contacta immédiatement le « 115 » pour prendre rendez-vous et savoir si cette chose, cette arme bactériologique, l’avait contaminé.
« Toutes les lignes de votre correspondant sont occupées, veuillez rappeler ultérieurement. Toutes les lignes de …»
« Noooon !!!!» , cria-t’il au beau milieu de la rue !
Il réalisa qu’ en plein pic épidémique, il n’ arriverait jamais à les joindre !
Et que s’il en était autrement, que quelqu’un daigne décrocher, comment allait-il expliquer sa mésaventure…
La personne à l’autre bout du fil éclaterait de rire, c’est certain !

« Vraiment pas de bol, il n’ y a qu’ à moi que cela arrive ! » , se dit-il.

Dépité, il reprit la route et d’un coup d’accélérateur, son bolide et lui disparurent dans le dense flot de la circulation.

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Glomérule Néphron.

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Cet écrit fait partie d’ une nouvelle catégorie de texte nommée M.L.Q.
Sans mauvais  jeu de mots, cet acronyme signifie : Magnifier Le Quotidien. Pour lire le premier texte, cliquez ICI.

L’ occasion pour moi de laisser s’exprimer une parcelle encore intacte de mon âme d’ enfant. Celui-là même qui, avec deux bouts de bois, perché sur un vieux banc d’école, partait à l’ aventure sur le plus beau des bateaux pirates (le banc) et croisait volontiers le fer (les bouts de bois) avec qui voulait bien en découdre avec le capitaine qu’ il était.

 

 

 

Chaque pot a son couvercle !

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Chaque pot a son couvercle.

Je ne vais pas écrire un texte à propos du coronavirus. Et non !
Vous y avez cru, à cause de la photo, n’ est-ce pas ?
Pour oublier un peu l’ angoisse que cette pandémie suscite, je vais aborder le sensible sujet… de mon maître et de ses couvercles !
Et oui, vous avez bien lu !
Hier soir, toujours le même rituel de l’ après-repas… je le vois débarrasser la table, l’ essuyer, mettre au lave-vaisselle le plus de choses possibles, et nettoyer le reste à la main, « comme les romains ».
Et puis… comme d’ habitude, vient le moment tant redouté ! Il doit trouver un tupperware avec son couvercle, afin d’ y mettre le surplus de nourriture cuisiné au dîner, et qui sera consommé au déjeuner le lendemain, au travail.
Il a une pile de boîtes de conservation, et juste à côté une autre avec leur couvercle respectif. En théorie donc, chaque boîte a son couvercle !
En théorie, oui, puisqu’ il les achète ensemble. Mais en pratique, c’est le cauchemar !
Évidemment, tout est rangé en bas d’ un meuble, donc pour les trouver, il se retrouve systématiquement agenouillé, ou plié en deux, la tête à l’ intérieur et dans l’ obscurité . Et pour ne rien arranger, un vrai bazar là-dedans, une chatte n’ y retrouverait pas ses petits ! Il a beau ranger, jamais l’ordre n’y persiste !
Il passe au moins dix minutes par soirée, à chercher où se trouve le couvercle du contenant de la bonne taille, qu’il vient enfin de dégoter !
Que d’ heures perdues à l’ année… et de mois, pour toute une vie !
Et pareillement pour les bocaux en verre qu’il conserve précieusement pour les coulis et confitures d’ été.
Le même stress du couvercle !
L’ Homme est décidément un animal bien étrange !
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Glomérule Néphron.
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Le Grinch a un coeur

Le Grinch a un cœur.
( Ou il ne faut pas attendre que la mort nous apprenne à vivre ).

Auparavant… Finch qui n’aimait pas les repas orgiaques de Noël, redoutait plus que les autres années, le réveillon qui s’annonçait.
Car c’était pour lui le premier sans ses parents, décédés dernièrement.
Il craignait de voir le couvert du pauvre dressé, comme le voulait la tradition, lui rappelant ainsi le vide laissé par leur disparition.

La soirée avait débuté lorsque… soulagé de voir que la traditionnelle place du pauvre avait été, pour la première fois avec tact, oubliée, Finch poussa un soupir de soulagement.
Les autres convives se retournèrent tous comme un seul homme pour le dévisager.
L’oncle Jacky lui demanda : « Ca va Finch ?
– Oui, oui, lui marmonna-t-il, en guise de réponse ».

Un ange passa, et l’oncle se mit à raconter comme à l’accoutumé, de bonnes vieilles histoires mitonnées avec patience et amour  😉
Des exploits tellement bien racontés pour l’occasion, que la belle famille qui se plaisait à donner un surnom à chacun, se mit à partir de ce soir-là à l’appeler Tartarin…

Grâce à lui, l’ambiance se détendit et cette soirée conviviale et chaleureuse fut un baume pour le cœur de notre Grinch.
Il apprécia chaque mets, chaque petite attention, chaque douceur.
Il avait savouré ce repas !
À cette pensée, la douleur déforma de nouveau ses traits.
Comment pouvait-il être satisfait ! Ses parents étaient morts !!!
Le pauvre Finch culpabilisait à présent de vivre, alors que la faucheuse venait de faire son office pour les siens.
Les autres avaient simplement réussi à lui faire oublier, l’espace d’un instant son deuil.  Mais il ne s’accordait pas ce droit !

Pas encore.

Les Noëls défilèrent, et le temps aidant, la plaie se referma, laissant une cicatrice visible. La marque du souvenir intact, avec gravé dessus : Pensées éternelles.
Il en eut toujours pour eux, à chaque Noël.
Mais aussi des regrets. Énormément ! Pour ne pas avoir su vivre pleinement en leur compagnie, ce beau moment d’échange, de partage, de magie, qu’est cette fête familiale, où chacun amène pour participer, un petit quelque chose, d’où cette orgie, au bout du compte !

Il apprit aussi, lors d’un de ses réveillons, de la bouche de sa tante, crédible contrairement à son mari, que ses parents après la guerre s’étaient jurés que leurs enfants n’auraient jamais ni faim, ni froid, et ne manqueraient de rien, comme eux avaient pu en souffrir, en leur temps !
Il comprit quel fils ingrat il avait pu être, et pourquoi sa mère le « forçait » à manger, comme il le pensait. Certainement de peur qu’il manque …

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Glomérule Néphron.

Fin de ce conte de Noël.
Il était temps, le 20 février !
Mais comme on dit chez les bikeurs : « Vieux motard que méja ! Yo ! »

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La place du pauvre

La place du pauvre.

Auparavant… Finch que sa belle-famille surnommait à son insu le « Grinch », parce qu’ il n’ aimait pas Noël, eut un déclic en se demandant pourquoi ces orgies de fin d’ années pouvaient autant l’écoeurer. C’est alors qu’ un pénible souvenir de prime enfance refit surface…

Il revit sa maman, lui enfourner encore et encore le contenu d’une petite cuillère, sans fin, et lui sans faim, pleurer, lutter, tenter de lui résister en vain.
Un frisson brutal parcourut son échine, un puissant spasme qui le fit sursauter.
Un sentiment de dégoût figea ses papilles et tout l’intérieur de sa bouche.
Ce fut pour Finch une véritable révélation.

Quelques semaines plus tard, le fameux soir du réveillon tant redouté, arriva…

Finch, une fois attablé, remarqua au premier coup d’ œil, que l’ assiette du mendiant n’avait exceptionnellement pas été rajoutée cette année.

Il y avait en effet, toujours à la tablée cette place vide avec le couvert dressé, prête à accueillir pour la veillée, le pauvre qui passerait par là et taperait à la porte pour s’inviter au chaleureux banquet.
Une vieille tradition familiale qui perdurait encore, mais plus que symboliquement, car depuis bien longtemps la chaise restait vacante !
« Ah ! L’esprit de Noël de la belle époque ! C’était autre chose ! » , se dit Finch.
Personne ne devait le passer abandonné, le ventre creux, et encore moins dehors transi par la bise.
Faire preuve de charité, en cette soirée si particulière, réchauffer le corps par un plat chaud, mais aussi l’âme de son prochain par la convivialité, telle était la mission de tout chrétien.

Cette place inoccupée, Finch ne cessait d’y penser ces derniers jours.
Elle était devenue une véritable obsession.
Il apprécia d’autant plus ce soir son absence.
Tant pis pour le clochard et les bons sentiments !
Car elle était pour lui à présent, associée à la mort de ses parents, au vide laissé par leur disparition.
Ressentir ce manque à la Toussaint lui avait déjà été très pénible.
Aussi appréhendait-il ce Noël plus que d’habitude, le premier sans eux.

A suivre …

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Glomérule Néphron.
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Le Grinch

Le Grinch.

Dix Noëls s’étaient écoulés.

« L’ organisation des fêtes, cette année, sera simplifiée », se dit Finch.
À cette pensée, son visage s’assombrit.
En effet, il manquera du monde autour de la table. Car tous ne seront pas présents à l’appel …

Finch, que sa belle-famille surnommait à son insu, « le Grinch », avait bien changé depuis la mort de ses parents !

Lui qui autrefois, ne manquait pas de dire et répéter à qui voulait bien l’ entendre, qu’ il se languissait de passer un jour, les « réjouissances » seul et tranquille devant un bon livre.
Lui qui ne voyait qu’ obligations dans ces célébrations, et ne cessait de maugréer contre elles.
Lui qui les subissait et se sentait forcé pour tout, y compris manger.

Oui, se forcer à engouffrer, jusqu’ à vomir. Cette pensée le laissa, un bon moment, pensif.

Il eut un déclic. « Et si le dégoût de ces bacchanales était en lien avec son histoire personnelle ? Son enfance ? Ou sa petite enfance ? ».
C’est alors qu’un souvenir, telle une bulle lumineuse, remonta à la surface de sa mémoire et vint éclairer sa nouvelle conscience.

Ce genre de flash s’était produit à maintes reprises, depuis les obsèques.
Comme si depuis, au tréfonds de son être, une lourde écoutille avait sauté.
Elle laissait à présent s’échapper et apparaître au grand jour, un tas d’ événements tapis depuis des lustres dans l’ obscurité des profondeurs.

Les couleurs de cette réminiscence ressuscitées se firent plus vives et intenses.
Il revit sa maman lui enfourner encore et encore le contenu d’une petite cuillère sans fin, et lui sans faim, pleurer, lutter, serrer les dents, tenter de lui résister… en vain.
Un frisson brutal parcourut son échine, un puissant spasme qui le fit sursauter.
Un sentiment de dégoût figea ses papilles et tout l’intérieur de sa bouche.

Ce fut pour Finch une véritable révélation.

Cueillères

 

To be continued…

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Glomérule Néphron.

Crédits photos : Photo 1Photo 2

Finch

Finch

Les fêtes sont passées, certes, mais elles m’ ont inspiré cette petite aventure…

Finch.

Pour Finch, la nativité et le nouvel an représentaient, à ses dires : « deux supplices imaginés par l’ Homme et ses traditions stupides « .

Pour lui, ces instants « festifs » n’ étaient qu’ obligations et gâchis.
Se forcer à trouver des idées de cadeaux, de repas pantagruéliques, se creuser à s’en tordre les méninges pour organiser « les réjouissances », se retrouver tiraillé entre sa belle-famille et la sienne, dispersées toutes deux aux quatre coins de la France.
Il lui fallait mener une âpre lutte, à grands renforts d’arguments, pour remporter contre son épouse la bataille du planning, et déterminer avec qui ils feraient le 24, 25, le 31, et la « fête du milieu ». Ce repas qui se déroule entre toutes ces ribotes, idéalement le 27, 28 ou 29 décembre. Il est conçu pour les délaissés de la famille qui n’ ont pas eu la chance de remporter le combat des dates officielles de l’année.

Il aurait été bien plus simple de faire une grande fête qui aurait réuni toute la tribu ou alors d’établir un plan de rotation quadriennal et de s’y tenir… Mais il n’ en était rien ! Tous les quinze frimaire, il se prenait la tête avec sa compagne, car tout était remis en jeu et palabré de nouveau !

À la même époque, tous ces tiraillements et cette montagne de stress le contrariaient, à tel point qu’il finit par contracter « l’ angoisse des célébrations », un bon mois avant !

Mais où étaient donc passées la joie et l’ excitation qu’il ressentait à l’ approche de Noël, quand il était enfant ?

À suivre …

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Glomérule Néphron.

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